AUCUN CADEAU N’A PLUS DE VALEUR QU’UN SAGE CONSEIL
Erasme 1469-1536

1 juillet 2009 ..... Faut-il investir aujourd'hui dans le pétrole ?

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Devinez quel sera demain le cours du baril de pétrole ?

35 dollars ?

150 dollars ?

200 dollars ?

OU alors essayez de faire avancer votre voiture avec de l'eau ...




La parole des experts de la banque d'affaires Goldman Sachs est d'or... noir. Il a suffi qu'ils prévoient, jeudi 4 juin 2009, une forte hausse des prix du pétrole - 75 dollars le baril dans trois mois et 85 dollars fin 2009 - pour que les cours s'emballent franchissant allègrement la barre des 70 dollars pour la première fois depuis six mois, avant de retomber à 68,44 dollars.

Quel expert aurait osé prévoir une tendance aussi bullish, en début d'année, quand le baril était tombé à moins de 33 dollars ? Pas même ceux de Goldman Sachs.

Pour Goldman Sachs, la hausse actuelle n'est que "la première étape" vers un baril à 95 dollars fin 2010, quand l'économie mondiale pourrait faire face à des "pénuries d'énergie".

Pourtant, ce lundi 29 juin, l’Agence internationale de l’énergie a publié  son rapport prospectif annuel sur la situation pétrolière mondiale.

Selon elle, les besoins pétroliers mondiaux augmenteront au mieux de 0,6% par an jusqu’en 2014 et le cours du baril repasserait au-delà de 70 dollars en moyenne à partir de 2013.

Les besoins mondiaux d’hydrocarbures devraient, au mieux, croître de 0,6% par an entre 2008 et 2014.

À cette date la planète brûlera 89 millions de barils par jour, contre 85,8 millions l’an dernier.

Cette estimation est basée sur les prévisions économiques formulées par le Fonds Monétaire International en avril – à savoir une expansion de l’activité mondiale atteignant à nouveau le rythme de 5% par an à partir de 2012.

Cette prévision est près de trois fois inférieure à celle formulée il y a un an par l’agence conseillant les pays industrialisés de l’OCDE en matière énergétique.
L’AIE prévoyait alors une envolée des besoins en hydrocarbures de la planète au rythme de 1,6% entre 2007 et 2013… et mettait en garde contre des tensions accrues sur le marché pétrolier dès 2010.

L’organisation représentant la voix des pays importateurs sur la scène énergétique envisage même un scénario repoussant encore davantage l’irruption d’un choc pétrolier. Ce dernier est basé sur une reprise de l’activité mondiale inférieure d’un tiers à celle envisagée par le FMI, la croissance redémarrant très lentement et ne dépassant pas 3% par an à partir de 2012.

Quelles sont les conséquences de ces scénarios en terme d’équilibre du marché mondial du pétrole ?

Dans le premier cas – celui où la croissance repart rapidement – «le marché recommence à se tendre» à partir de 2012 prévoit l’AIE.

Si le scénario, plus sombre – celui d’une activité économique mondiale ne parvenant pas à retrouver la croissance connue avant la crise financière – se concrétise, la situation sur marché du pétrole sera plus «confortable» et pourra «encaisser plus facilement tout problème touchant les approvisionnements».
Ceci permettrait en particulier de digérer, sans explosion des cours, une baisse de la production pétrolières dans les pays n’appartenant pas à l’Opep (Russie par exemple). Un tel ralentissement du rythme d’extraction pourrait être causé par la persistance de la crise économique, qui limite les investissements réalisés sur les champs pétroliers.


En ce qui concerne le prix du pétrole, l’AIE estime que dans les deux cas de figure envisagés, le cours du baril devrait s’installer vers les 60 dollars en moyenne sur l’ensemble de l’année 2010; puis inexorablement monter au-delà de 70 dollars (toujours en moyenne annuelle) à partir de 2013. Source Pierre-Alexandre Sallier (LeTemps du lundi 29 juin 2009)